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A la découverte d’une méthode créative de résolution de conflit

 

Portrait de Jérôme Oddon

Jérôme Oddon

Directeur – Adeo Conseil

Publié le 31/03/2022

Temps de lecture : 4 minutes
A la découverte des villas palladiennes

 

Le Process Work est une méthode créative de résolution de conflit qui permet de laisser s’exprimer tous les points de vue et de débattre tout en avançant vers des pistes de résolution en s’ouvrant à plusieurs niveaux de compréhension. Un de ses présupposés est que les conflits interpersonnels ou sociopolitiques que nous vivons sont liés à nos propres conflits intérieurs. Le travail se fait donc toujours sur un plan personnel, relationnel et global.

La méthode a été conçue par Arnold Mindell  avant d’être déployée un peu partout dans le monde.

Au départ, le Process Work est plutôt envisagé comme une psychothérapie de groupe. A l’usage, on découvre sa pertinence dans le monde du travail. Cette démarche permet de penser l’entreprise davantage comme un processus vivant que par ses étapes (ce qui se passe dans le train plus que dans les gares). Il y a une zone nuisible, implicite et non dite qui organise le jeu collectif. Il s’agit de la rendre explicite.

La démarche a une capacité de transformation féconde des conflits car résoudre des tensions  passent par « la dispute créative ». La conduire reprend les 4 étapes suivantes :

  • Poser un cadre de sécurité
  • Encourager l’ensemble des points de vue
  • Accueillir les prises de conscience
  • Mettre en acte les résolutions

Poser le cadre

 

La demande doit être commune. Il est nécessaire qu’il y ait un facilitateur. Le débat nécessite absolument de parler vrai. Et cela signifie de commencer ses phrases par « je ».

Il est utile de rappeler en début de séance qu’il n’existe pas de vérité, mais des perceptions différenciées de la réalité. Dans la démarche, il n’y aura donc ni gagnant ni perdant !

Pour le régulateur, il s’agit de nommer rapidement, sans débat, les positions opposées en présence, et inviter les participants à décider consciemment de les accueillir dans ce cadre structuré, avec un garant qui le facilite.

Encourager l’ensemble des points de vue

 

Il s’agit, à ce stade, d’accepter le principe que chacun puisse poser avec vérité ce qu’il ressent en exprimant ce qui lui a déplu, ce qui l’a contrarié, blessé, limité…

  • En étant bref, sans chercher à se défendre mais plutôt dans une logique d’attaque (un lancer de flèches). Il convient de dire ce qui est vrai. Pour le régulateur, il faut être vigilant à ne laisser aucune interaction, ni réaction. Chacun s’exprime à tour de rôle. Il faut aussi que chacun soit attentif pour éviter toute interprétation trop hâtive
  • En encourageant l’expression des voix marginalisées, en cherchant à dépasser la peur du conflit
  • Pour le régulateur, en vérifiant que toutes « les flèches » aient bien été lancées

Pour animer concrètement cette séquence, le régulateur propose que chaque participant (en tour de cercle) prenne une minute pour exprimer une seule affirmation à la fois, succincte, sans effet de ping-pong ou d’interaction.

Il convient de faire le nombre de tours nécessaires, jusqu’à expression « suffisamment complète » des arguments.

Accueillir les prises de conscience (les graines de vérité)

A ce stade, le régulateur invite les participants à exprimer ce qu’ils ont ressenti comme juste (même si c’est à 5%) dans les propos adverses.

Il note sur un paperboard les « insights » (intuitions) pour qu’ils soient partagés par tout le groupe. Des regroupements peuvent être faits.

Mettre en acte les prises de conscience

Enfin, la dernière étape invite le groupe à faire des propositions d’action sur la base des propositions suggérées dans la phase précédente, afin d’engager ensuite les décisions correspondantes.

 

En résumé, voici le processus mis en schéma :

 

Nous exprimons notre gratitude à Pierre Paris qui nous a formé sur ce processus.